N’Zérékoré : le corps de Claude Pivi rapatrié et accueilli par sa famille et les autorités locales.
Après plusieurs jours d'attente et de démarches administratives, la dépouille du colonel Claude Pivi est arrivée ce mercredi 21 janvier 2026 à l'aéroport de N'Zérékoré, sa ville natale. Les autorités régionales étaient présentes pour réceptionner le corps, dans une atmosphère à la fois sobre et empreinte d'émotion. Ses proches, venus assister à ce moment, ont accompagné la dépouille à la morgue de l'hôpital régional, sous un dispositif sécuritaire léger.
Selon une source proche de la famille, l'inhumation est prévue ce vendredi 22 janvier 2026, près du fleuve Diani, dans la préfecture de N'Zérékoré. La cérémonie se déroulera dans un cadre strictement familial, loin de tout protocole officiel, en raison du parcours controversé de l'ancien militaire.
Claude Pivi, âgé de 66 ans, est décédé le 6 janvier 2026 alors qu'il était détenu à Conakry. Figure influente du milieu militaire guinéen à la fin des années 2000, il avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 2024 pour crimes contre l'humanité, dans le cadre du massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry. Après une évasion spectaculaire, il avait été rattrapé et réincarcéré à la fin de la même année.
Les autorités judiciaires ont indiqué que le colonel Pivi souffrait de diabète chronique et d'autres problèmes de santé. Début janvier 2026, il a été victime d'une hypoglycémie sévère qui a nécessité son transfert à l'hôpital militaire du camp Almamy Samory Touré. Placé en soins intensifs, il est décédé deux jours plus tard, dans un coma hypoglycémique. Une autopsie médico-légale a été ordonnée pour clarifier les circonstances exactes de sa mort.
La disparition de Claude Pivi suscite des réactions contrastées à travers le pays. Si sa famille et son avocat ont exprimé leur peine, rappelant son souhait de « laver son honneur », des organisations de défense des droits humains ont souligné que sa mort ne mettra pas fin aux démarches judiciaires pour les victimes du 28 septembre 2009.
Avec le retour de sa dépouille à N'Zérékoré, une page se tourne pour ses proches, tandis que le débat national sur la mémoire, la justice et la responsabilité continue d'alimenter la réflexion en Guinée.
Kogno Célestin Sagno pour 224infos


